Pas toujours facile pour les acheteurs de prestations intellectuelles de trouver leur chemin sur le marché complexe de la formation professionnelle, réformé actuellement par le gouvernement dans le but d’être simplifié.

Le 5 mars 2018, la Ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a dévoilé l’ampleur de son « Big Bang » de la formation professionnelle. L’objectif : simplifier le secteur, qualifié de « système opaque, inégalitaire et inefficace», par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle. « La Réforme de la Formation professionnelle permettra d’édifier une société de compétences. La compétence est la clé d’une intégration sociale et professionnelle réussie. Elle est aussi la clé de l’emploi durable », a ainsi déclaré la ministre du Travail le 5 mars sur son compte Twitter.

 

Un marché très atomisé

L’achat de prestation de formation est un exercice pratiqué chaque année par les entreprises. Sur ce marché de la formation professionnelle, à la fois atomisé, concentré, secoué régulièrement par les gouvernements et en pleine mutation du fait de la transformation numérique, pas toujours facile pour les acheteurs de prestations intellectuelles de s’y retrouver !

Côté chiffres, 10 000 structures seraient habilitées à réaliser des formations en France – mais plus de 60 000 personnes physiques ou morales, de tout secteur et de tout statut, déclarent une activité de formation.

 

A chaque acteur sa cible

Les organismes de formation (OF) privés à but lucratif (Cegos, Demos…) sont mandatés par les entreprises et les pouvoirs publics en vue d’accomplir une prestation de formation professionnelle. De leur côté, les OF privés à but non lucratif (associations, coopératives, mutuelles…) s’adressent principalement aux particuliers. Enfin, les institutions publiques et parapubliques (CNAM, AFPA, GRETA, universités, CCI…) sont principalement chargées de la formation des demandeurs d’emploi et des jeunes et sont financées par des fonds publics.

Il existe trois grands types de prestations de formation professionnelle continue :

  • Les formations intra-entreprises, qui s’emploient dans le cadre de la formation continue ou formation pour les entreprises et répondent à un besoin précis.
  • Les formations interentreprises, destinées au personnel de différentes entités et qui sont dispensées dans des locaux choisis par l’organisme de formation.
  • Les formations à distance, qui sont effectuées par l’organisme de formation et permettent au personnel du pouvoir adjudicateur d’en bénéficier sans avoir besoin de se déplacer (MOOC, e-learning, webinar, etc.)

 

L’acheteur doit être un facilitateur

En plus de maîtriser toutes les subtilités réglementaires du secteur, l’acheteur doit être à jour pour suivre l’évolution du contexte législatif (réformes de 2004, 2009, 2014 et 2018 menée actuellement), et être à même de cerner les besoins en interne (taille du groupe, durée, personnalisation, évaluation) afin de choisir l’offre pédagogique et le format le plus adapté aux besoins des participants (présentiel, e-learning, Mooc, réalité virtuelle, « barcamp » …). L’acheteur devient donc un facilitateur pour alimenter la connaissance de la direction des ressources humaines en matière de prestations de formation.

 

Les 7 chantiers de la réforme de la formation professionnelle

  1. Le compte personnel de formation (CPF) sera en Euros et non plus en Heures.
  2. Les formations seront accessibles via une application dédiée qui sera disponible progressivement à partir de 2019.
  3. Les entreprises ne payeront qu’une seule cotisation au lieu de deux actuellement, mais la contribution totale restera inchangée.
  4. Les sommes destinées à la formation seront désormais collectées par les URSSAF et non plus par les Opca (organismes paritaires collecteurs agréés). Un changement prévu fin 2020 voire en 2021.
  5. La disparition prochaine des 20 Opca qui seront remplacés par des « Opérateurs de compétences ».
  6. L’agence « France Compétences » va être créée pour remplacer les trois agences nationales actuelles (Copanef, Cnefop et FPSPP). Elle sera gérée par l’Etat, les organisations patronales et syndicales et les régions.
  7. Une cotisation spéciale sera versée par l’ensemble des entreprises pour aider au financement des plans de formation des entreprises de moins de 50 salariés.
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