Après une année 2024 marquée par le déploiement massif de l’intelligence artificielle (IA) et l’installation durable des freelances dans les entreprises, 2025 confirme ces tendances et met en lumière les enjeux opérationnels et juridiques inédits liés à l’IA. Cette année a également été celle où le rôle stratégique des achats de prestations intellectuelles s’est affirmé puisque aujourd’hui, près de trois quarts des entreprises y consacrent plus de la moitié de leurs budgets achats.
Dans cet article, nous revenons sur les principaux enseignements des achats de prestations intellectuelles en 2025, à la lumière des tendances marquantes et des défis à venir.
Intelligence artificielle et achats PI : un potentiel confirmé et un encadrement nécessaire
Après une émergence marquée en 2024, l’IA continue de s’imposer progressivement dans le domaine des achats de prestations intellectuelles. En 2024, l’intelligence artificielle a d’abord été utilisée pour automatiser les tâches répétitives à faible valeur ajoutée, telles que le traitement des factures ou l’analyse des devis, tout en ouvrant la voie à des analyses prédictives permettant d’anticiper coûts, risques fournisseurs et opportunités d’économies. L’IA a aussi amélioré l’optimisation du sourcing en permettant d’identifier rapidement les fournisseurs adaptés, le suivi des performances en temps réel, et même la prise en compte de critères de durabilité et de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
Bien que son adoption reste récente, l’IA s’affirme en 2025 comme un levier stratégique majeur pour les entreprises, tout en posant des défis importants en matière de gouvernance et de formalisation.
En effet, selon le Baromètre des Achats de Prestations Intellectuelles 2025, seuls 12 % des Acheteurs la déploient au quotidien et seulement 22 % des entreprises disposent d’une politique IA formalisée, alors que 45 % utilisent déjà ces technologies.
Ainsi, 2025 nous enseigne que l’IA, bien qu’en train de devenir un outil de plus en plus central dans les achats PI, nécessite encore un cadre structuré et une gouvernance solide.
L’année 2026 devrait s’orienter vers un renforcement des politiques et des bonnes pratiques pour transformer l’adoption technologique en véritable avantage stratégique.
Sourcing des prestations intellectuelles : la montée en maturité des pratiques en 2025
En 2025, le sourcing s’est structuré autour de processus et de rôles clairement définis, renforcé par des critères, des outils dédiés et un pilotage stratégique des directions achats.
Aussi, alors que 2024 se concentrait sur l’accès aux talents internationaux et l’optimisation des coûts dans un contexte inflationniste, l’année 2025 montre une évolution stratégique avec 64 % des entreprises qui disposent en 2025 d’au moins un Acheteur dédié.
Les recommandations internes et le réseau d’Acheteurs ont été les sources les plus fiables pour identifier des prestataires qualifiés, tandis que les plateformes en ligne et les réseaux sociaux se sont affirmés comme des méthodes complémentaires pour trouver des expertises spécifiques.
Dans le même temps, la digitalisation du sourcing est arrivée à maturité avec l’adoption d’ERP, d’outils internes sur mesure ou de solutions externes, permettant un suivi rigoureux des prestataires, de la sélection à l’évaluation de performance, et renforçant ainsi fiabilité, traçabilité et efficacité.
Prestataires intellectuels : performance et qualité au cœur des achats 2025
En 2024, les freelances occupaient déjà une place centrale auprès des entreprises, qui multipliaient les initiatives pour attirer, fidéliser et valoriser ces talents externes. En 2025, cette position se confirme et s’accompagne d’une priorité donnée à la performance et à la qualité des prestataires.
La qualité des livrables reste le critère principal de sélection, devant le prix, la création de valeur et le respect des délais, tandis que les critères RSE sont désormais considérés comme des standards.
La gestion des prestataires et fournisseurs constitue un autre enseignement majeur de 2025 : elle se centralise progressivement, avec 70 % des entreprises disposant d’une politique formalisée de référencement, et le sourcing centralisé progresse de 11 points par rapport à 2024 selon les données du baromètre 2025.
RSE et durabilité : des initiatives en croissance à une intégration structurée en 2025
Les initiatives et expertises développées en 2024 ont naturellement conduit, en 2025, à intégrer la RSE comme critère concret et structuré dans la sélection des prestataires.
Alors qu’en 2024 les entreprises intégraient les expertises RSE dans leurs projets, 2025 marque le passage à une application concrète dans la sélection des prestataires, avec les droits humains, les conditions de travail, l’empreinte carbone et la diversité des équipes évaluées dès l’entrée au panel.
Les entreprises ont formalisé cette démarche à travers des grilles d’évaluation, des plans d’engagement contractuels ou des suivis réguliers, rendant la RSE un facteur concret dans le choix des fournisseurs en 2025.
La gestion des risques fournisseurs : un enjeu majeur pour les directions achats en 2025
En 2025, la gestion des risques liés aux prestataires de prestations intellectuelles a été un axe prioritaire pour les directions achats. La plupart des entreprises ont mis en place des dispositifs formalisés et divers outils de suivi pour sécuriser leurs prestataires et anticiper les risques, qu’il s’agisse d’évaluations régulières des fournisseurs ou de clauses contractuelles spécifiques.
L’année 2025 a été ainsi favorable à une consolidation de la gestion des risques juridiques, avec une plus grande vigilance des directions achats sur certains risques récurrents tels que la dépendance économique ou encore le prêt de main-d’œuvre illicite. D’autres risques, tels que la requalification des contrats ou la corruption, ont également été monitorés, reflétant la complexité légale et éthique de la relation avec les prestataires en 2025.
En 2025, les achats de prestations intellectuelles ont donc dépassé leur dimension opérationnelle pour devenir un levier stratégique intégrant performance, innovation et responsabilité. L’IA et le sourcing structuré transforment la manière dont les entreprises pilotent leurs prestataires, tandis que la RSE et la durabilité s’imposent comme des critères incontournables, remodelant la sélection et la fidélisation des talents externes.
À partir de 2026, le véritable enjeu sera de combiner ces avancées technologiques et éthiques dans une approche cohérente, transformant ces évolutions en un avantage durable et différenciant pour les directions achats.




